Vincent Kohler

Contact

Sculpture
Peinture
Edition
Art public
Publication
Autre


Edition


Bellerive
Chaussettes
Chemise
Palissade
Chemise noire
Crash
Banana Split
Cancan
Souvenirs, souvenirs
Vernis et laque
Schokokuss
Acefalo
Baguette
Flexible
Alien
Kazimir
Telecaster
Stratocaster/FlyingV
Woodcut
Cheese
Souvenirs, souvenirs

2012
Porcelaine
20 x 33 cm
Edition de 7 ex
Produit à l'occasion de l'exposition Souvenirs, souvenirs à la Kunsthalle Marcel Duchamp

cendrier

léman


Le point de départ de Souvenirs, souvenirs est un cendrier acheté par Vincent Kohler en 2008, lors d'un voyage dans l'Ouest américain. Cet objet a la forme de Salton Sea, un lac salé qui, avec ses 1000 km2, a presque deux fois la taille du lac Léman et a été créé en 1905 à la façon d'un ready made. Suite à la rupture d'une digue bordant le fleuve du Colorado, d'immenses quantités d'eau se sont déversées pendant environ deux ans dans le bassin de l'Impérial Valley, à 66 mètre au dessous du niveau de la mer, pour former le plus grand lac de Californie, en plein désert, à une demie heure de route de la ville branchée de Palm Spring.

Le Salton Sea est devenu, dès les premières décennies de son existence, une destination populaire pour les sports aquatiques et la pêche. Grâce à cette aubaine, la région a énormément prospéré au cours des années 40, 50 et 60, transformant les abords du lac en eldorado touristique. Mais parallèlement, l'agriculture, bénéficiant de l'irrigation des champs alentours, a connu un essor fulgurant. La sur-fertilisation et l'évaporation des eaux ont entraîné une salinisation du lac et la destruction massive de la faune aquatique. Les carcasses de poisson envahissent aujourd'hui régulièrement les berges, provoquant une puanteur insupportable. Le tourisme a peu à peu disparu, les hôtels ont fermé, les habitants ont déménagé.

Vincent Kohler a été profondément impressionné par la tragique inhospitalité morbide de cette contrée. Et c'est ce souvenir qui l'a motivé à produire un objet sur le modèle du cendrier de Salton Sea, suivant les contours du Lac Léman. Et nous, les visiteurs, nous posons la question: Le lac Léman est-il lui aussi une bombe écologique à retardement? Nous connaissons tous les barrages voisins producteur d'énergie, de la solidité desquels nous préférons ne pas douter. Et aujourd'hui, un cendrier est-il encore un symbole de plaisir et de liberté? Chez nous aussi la cigarette représente la maladie du XXème siècle. En ce sens, le ready made retrouvé et refaçonné de Vincent Kohler n'est plus un souvenir pour touriste, mais une métaphore aux multiples facettes de la relation paradoxale entre l'homme et la nature, exposée dans le plus petit musée du monde et dans l'un des plus beaux cadres naturels d'Europe.


The point of departure for Souvenirs, souvenirs is an ashtray that Vincent Kohler bought on a trip to the American West in 2008. The ashtray is the shape of the Salton Sea, California’s largest lake at roughly 525 square miles, half an hour or so by car from the famous, chic desert resort Palm Springs.

The lake is almost twice the size of Lake Geneva. It came into being in 1905 almost like a ready-made when the Colorado River burst one of its dykes and its waters flowed unimpeded into the Imperial Valley over a period of two years, forming the lake at the valley’s point of lowest elevation 66 metres below sea level. In the first decades of its existence the Salton Sea attracted great numbers of yachtsmen, surfers and fishermen. The ’40s, ’50s and ’60s were the region’s heyday, turning it into a gigantic gold mine for the tourist industry. Concurrent agricultural development brought with it excessive fertilization and the resulting agricultural runoff upped the lake’s salinity, leading to a massive reduction of the fish population. Countless dead fish were washed ashore to decompose and create an unbearable stench. Tourism disappeared, people moved away and the hotels, restaurants and petrol stations were left to rot.

The inhospitality and tragic gloom of the region left a deep impression on Vincent Kohler and motivated him to create a corresponding souvenir of Lake Geneva for the exhibition in the Kunsthalle Marcel Duchamp. As visitors we wonder whether Lake Geneva might not be another ecological time bomb. We are all aware of the artificial lakes in the nearby Valais, the hydroelectric storage reservoirs with their huge dams, whose durability we are loath to contemplate. We also wonder what potential is left for an ashtray today to serve as a symbol of the lightness of being, of freedom and pleasure. In Europe, as in the United States, smoking has been a major contributory factor to the development of disease patterns over the past century. Seen in this light, Kohler’s ready-made Souvenirs, souvenirs has come a long way from the tourist souvenir that inspired it. It is a complex metaphor for man’s paradoxical relationship with Nature, designed to be exhibited in the world’s smallest museum against the backdrop of one of Europe’s most stunning natural panoramas.

 

© Vincent Kohler